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Madame Taubira a démissionné. Faut-il s’en réjouir ?

singerie-taubiraMercredi 27 janvier, le départ de Christiane Taubira à peine annoncé, la réaction de certains ne s’est pas fait attendre : « Champagne ! Enfin une bonne nouvelle : Taubira démissionne » peut-on lire. A Solidarité pour Tous, nous n’avons pas laissé les bulles nous tourner la tête. D’autant plus que Mme Taubira a sorti, dès le 1er février, un essai qui a tout du plan com’ bien compris, « Murmures à la jeunesse ». Mais de quelle jeunesse s’agit-il donc ? Sûrement pas de celle qui a défendu la famille lors des grandes manifestations de 2013 ! Retour sur une carrière.

Née à Cayenne en 1962, Christiane Taubira se définit comme une indépendantiste guyanaise et milite d’abord à l’extrême gauche. Elle fonde en 1993 le parti Walwari – celui-là même qui, en 2014, va chercher noise à Anne-Sophie Leclère et contre lequel Me Triomphe emporte la victoire. En 1993 toujours, Mme Taubira est élue député « non inscrite » de la Guyane. En 2001, elle donne son nom à la loi n°2001-434. Celle-ci reconnaît la traite négrière et l’esclavage en tant que « crimes contre l’humanité » et introduit cette thématique dans les programmes scolaires. Loi qui occulte une grande partie de l’histoire réelle de la traite musulmane mais, chut !, il ne faut pas le dire.

En 2002, en se présentant aux élections présidentielles, Christiane Taubira aide de fait à éliminer Lionel Jospin.

Dès 2005, député et membre du Parti radical de gauche, elle s’inquiète dans L’Express de voir la Guyane à « un tournant identairei », inquiétude répétée sur RFI en 2007, où elle déclare que « Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terreii ». Tiens, tiens… Vérité en Guyane, illusion à Calais ou en Alsace ?

En 2012, elle arrive au gouvernement avec la volonté de vider les prisons.

Selon Patrice Ribeiro, le patron du syndicat Synergie-Officiers, « Christiane Taubira, c’était l’incarnation de la culture de l’excuse. Toute la réforme pénale qu’elle portait allait à contre-courant de la politique menée au ministère de l’Intérieur pour accentuer la lutte contre la délinquance iii ».

L’ancien ministre a aussi fait une priorité de l’adoption de la loi sur le prétendu mariage pour tous.

Manifs pour Tous, aux Invalides, sur le Champ de Mars ou en province, bannières déployées à Roland-Garros et au Trocadéro, Printemps français et Jours de colère, dessins d’humour et chahuts lors d’inaugurations de prison, jusqu’à l’affaire Anne-Sophie Leclère… sans oublier bien sûr les Veilleurs régulièrement chassés de la place Vendôme ou d’autres lieux symboliques : c’est bien en total accord avec le ministère de l’Intérieur que Mme Taubira, à peine nommée garde des Sceaux, a mis un zèle certain à réprimer toute manifestation d’opposition à sa politique. Ici, la culture de l’excuse n’a jamais eu sa place ! C’est bien ce « deux poids, deux mesures » qui nous a décidé à créer Solidarité pour Tous en avril 2013. Avec la satisfaction d’avoir obtenu de belles victoires juridiques !

Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous, estime que Christiane Taubira a « fracturé la société française de manière très profonde ». Nous n’oublierons pas non plus la circulaire dite « Taubira » de 2013 qui vise à faciliter l’obtention de certificats de nationalité pour les enfants de pères français, nés de mères porteuses à l’étranger. En contradiction avec Manuel Valls.

Qu’est ce qui justifie ce départ soudain ?

Ce 27 janvier, Christiane Taubira invoque son désaccord à propos de la déchéance de nationalité : « Je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur. Je choisis d’être fidèle à moi-même, à mes engagements, à mes combats, à mon rapport aux autres. » Quitte à vanter ses propres mérites : « La Justice a gagné en solidité et en vitalité. Comme celles et ceux qui s’y dévouent chaque jour, je la rêve invaincue. Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit.iv »

Un départ pour mieux revenir ?

Les analystes politiques la voient déjà candidate aux prochaines présidentielles. Elle pourrait rassembler sous son nom une grande partie des votes « ethniques » des DOM et des banlieues.

En attendant, les 94 pages de Murmures à la jeunesse (Editions Philippe Rey) ont été rédigées à la va-vite en quelques jours, pour répondre à un plan de communication pensé bien en amont. Avec des pépites comme celle-ci : « Céder à la coulée d’angoisse et se laisser entraîner, au lieu d’endiguer, signe la fin du Politique et de la politique. Le glas. Plus fatal que l’hallali. […] Que les cris des tyranneaux de la pensée cessent de tétaniser nos esprits. Sinon, par omission, nous aurons laissé s’installer de nouvelles frustrations grosses d’exaltations macabres, nous aurons arrosé le terreau où poussent ces contentieux passionnels… » Pas sûr que son ghost writer soit retenu pour le Goncourt… (Désolée d’employer un anglicisme, mais vu le terme français consacré pour nommer une plume mercenaire, nous risquerions un nouveau procès…)

Qui a pour mission de remplacer Mme Taubira ?

Le député PS Jean-Jacques Urvoas, qualifié comme étant un « homme d’ordre », semble pouvoir rétablir une cohérence avec le reste du gouvernement. Il devra aussi retisser les liens avec les syndicats policiers qui attendent plus de sévérité envers les multirécidivistes. Ancien président de la commission des lois à l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas est spécialiste des questions de sécurité et de renseignement. Avec le projet d’étendre toujours plus la surveillance des citoyens que nous sommes.

Ne nous réjouissons donc pas trop vite de ce changement place Vendôme !

N’oublions pas pour autant Anne-Sophie Leclère !

En effet, si son avocat a gagné une bataille, il n’a pas encore gagné la guerre. Certes, la cour d’appel de Cayenne a débouté Walwari, le parti indépendantiste piloté par la famille Taubira. Mais la suite va se dérouler le 4 février devant le tribunal de Paris. Il s’agira de dénoncer le traquenard dans lequel Anne-Sophie Leclère accuse une journaliste de France 2 de l’avoir fait tomber – en lui faisant croire que la caméra ne tournait plus quand elle a tenu les propos qui lui valent des poursuites.  Me Triomphe s’y emploie. Taubira est partie, mais son successeur hérite de ses dossiers encore en cours…

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